Indonésie, Marumasa, la plage des charpentiers de marine


Depuis des siècles, les œuvres navales des charpentiers de marine prennent forme et vie à Marumasa . Sous les cocotiers, cette plage de sable blanc est située près du village de Bira en pays makassar au sud – ouest de l’île de Sulawesi anciennement les Célèbes, en Indonésie.

Aujourd’hui, l’activité tend à disparaître face au progrès et aux porte – conteneurs. Ses habitants sont les Bugis et les Makassars, deux peuples culturellement proches qui se sont pourtant combattus au cours des XVI et XVII siècles. Tous sont musulmans, bien qu’ayant conservé des pratiques religieuses plus anciennes. Ces marins parcourent les mers séparant les milliers d’îles de l’Archipel depuis plusieurs siècles.

La transformation de leur flotte a été constante en fonction des marchandises transportées, au cours du temps. Leurs bateaux, des Pinisi, de gros voiliers en bois dont certains dépassent les 400 tonnes, sont un mélange de multiples influences extérieures et d’éléments typiquement indonésiens. L’utilisation du moteur aujourd’hui n’est qu’une étape parmi d’autres. Si cette installation a supprimé le gréement, les méthodes de construction employées n’ont pas subi de révolution. Les charpentiers répètent des gestes ancestraux. Le maître charpentier n’utilise aucun plan. Il dessine dans sa tête le futur bateau, en tenant compte des différents paramètres tels que le bois nécessaires, la taille et la forme du bateau, … Si les charpentiers ont adopté les outils électriques pour gagner du temps, le mode de construction reste spécifiquement indonésien. La construction du bordé précède celle des membrures, en d’autres termes, le squelette est installé après la peau. Chaque personne sur le chantier a un rôle bien défini : l’un découpe les planches du bordé, l’autre taille les tenons, … Certains ne sont encore que des adolescents et pourtant ils connaissent déjà le métier. L’achèvement du bateau prend de six à dix mois.

Le village se rassemble pour le tirer jusqu’à la mer où il tracera son sillage. Il sera alors le compagnon des marins pendant des mois de navigation et d’attente dans les ports.